millions € collectés par le crowdfunding en 2017

Le crowdfunding (traduit en français par financement participatif ou financement par la foule) est un moyen, pour des porteurs de projets, de réaliser une collecte auprès du grand public par le biais de plateformes en ligne. Ces plateformes sont une alternative aux intermédiaires financiers classiques tels que les banques, les fonds d’investissement ou encore la bourse et permettent de mettre en relation les particuliers désireux d’investir et les porteurs de projet.

L’émergence des plateformes de crowdfunding

Le financement participatif a émergé grâce à internet à la fin des année 1990 notamment dans les domaines artistiques qui souffraient du manque de financement. D’abord des initiatives isolées comme celle du groupe de rock Marillon qui finança dès 1997 sa tournée de concerts américains ou la société de production cinématographique française Guyom Corp. qui finança son film Demain la veille via un site internet dédié.

L’industrialisation de ce modèle de financement interviendra à la fin des années 2000 avec la naissance de plateformes professionnelles de crowdfunding orientées vers la production musicale. Le pionnier allemand Sellabrand verra ainsi le jour en 2006 suivi en France par MyMajorCompany dont l’objectif était de financer le premier album d’artistes prometteurs. L’énorme succès rencontré par le financement du premier album de Grégoire (1 200 000 exemplaires vendus et près de 20x la mise pour les investisseurs) a contribué à populariser ce modèle de financement.

Les plateformes de financement proposant des prêts et du capital aux porteurs de projets émergeront à partir de 2009 et le lancement de l’américain Kickstarter (plus de 100 000 projets soutenus et 2 milliards de dollars investis). Il existe aujourd’hui des centaines de plateformes de crowdfunding à travers le monde dont une soixantaine de plateformes actives rien qu’en France.

Crowdfunding, comment ça marche ?

  • La sélection des projets

Les acteurs souhaitant faire appel à un financement participatif présentent leurs projets sur une plateforme dédiée. Chaque plateforme dispose de son propre processus de sélection des dossiers qui seront présentés cependant chacune d’entre elle se doit de valider la pertinence du projet, la validité des informations présentées et l’adéquation de l’équipe dirigeante avec les enjeux.

  • La levée de fonds

Une fois validé par la plateforme, les projets sont mis en ligne et présentés aux investisseurs potentiels. Les porteurs de projet disposent alors de quelques mois pour remplir leur objectif de levée, faute de quoi les sommes récoltées seront redistribuées aux contributeurs (dans la plupart des cas).

  • Le suivi de l’investissement

Une fois le projet financé, les investisseurs suivront l’évolution du projet financé grâce au reporting mis à disposition sur la plateforme. L’horizon d’investissement est généralement compris entre 2 et 5 ans (variable selon le type de financement mis en place). A l’issu de cette période, l’investisseur aura été remboursé avec ou sans intérêts dans le cas d’un prêt ou percevra le produit de cession de ses parts dans le cas d’un investissement en capital (sauf défaillance de la société financée).

Les plateformes se rémunèrent en retenant une commission, généralement comprise entre 5 et 10%, sur les fonds levés.

Les 3 types d’investissement participatif

  • Le don avec ou sans contrepartie

Dans les plateformes de dons, les investisseurs peuvent offrir une participation à titre gratuit ou avec une contrepartie non financière. Il peut s’agir par exemple de produits dérivés d’un projet artistique, d’une avant-première, d’un CD, etc.

Ce mode de financement concerne plus particulièrement les projets artistiques ou humanitaires.

  • Le prêt participatif (crowdlending)

Dans le cadre du prêt participatif, les prêteurs endossent le rôle du banquier en accordant un prêt avec ou sans intérêt. Contrairement au don, ce type de financement implique donc un remboursement des montants levés.

Cette catégorie de crowdfunding est devenue une alternative pour les petites et moyennes entreprises de financer leur activité sans passer par les banques, connues pour leur frilosité à prêter aux petits acteurs.

D’après Finance Participative France, c’est plus de 215m€ qui ont été levés en 2017 par les plateformes de Crowdlending ce qui en fait le type d’investissement le plus populaire (environ 50m€ pour le don et le Crowdequity).

Pour en savoir plus sur, n’hésitez pas à consulter notre dossier dédié au crowdlending.

  • Le financement par prise de participation au capital (crowdequity)

Le Crowdequity permet aux investisseurs de devenir actionnaire des projets qu’ils soutiennent. Ainsi les fonds levés donnent droit aux investisseurs à une partie du capital de la société financée, généralement sous la forme d’actions.

Si détenir une part du capital peut paraître rassurant pour l’investisseur, il faut noter qu’un investissement en capital est usuellement plus risqué que l’octroi d’un prêt. En effet, l’horizon d’investissement ainsi que la rémunération de l’investissement ne sont pas contractuels (contrairement au prêt qui prévoit un taux d’intérêt et un échéancier de remboursement).

Les investisseurs pourront cependant bénéficier d’une rentabilité intéressante si le projet est mené à bien et que leur participation est revendue dans de bonnes conditions.

Pour en savoir plus sur, n’hésitez pas à consulter notre dossier dédié au crowdequity.

Secteurs d’intervention du Crowdfunding

Si le Crowdfunding s’est d’abord développé dans le cadre du financement de projets artistiques et culturels, il permet aujourd’hui de financer tout type de projet dans tous les secteurs d’activité. Vous pourrez ainsi financer un commerce de proximité, une start-up innovante, un projet immobilier aussi bien qu’une BD ou un projet caritatif.

Les principales plateformes sont généralistes et proposent des projets de tout type, d’autres ont choisi d’adopter une thématique sectorielle ou géographique (investissement de proximité, santé, Agriculture, etc)

Quels sont les avantages du Crowdfunding ?

Pour les porteurs de projet ?

  • Financer des projets que les banques ne souhaitent pas financer
  • L’obtention de premiers financements pourraient faciliter l’obtention de crédits bancaires complémentaires
  • Obtenir des conditions de financement intéressantes

Pour les investisseurs ?

  • Sélectionner soi-même les projets investis et donner du sens à son épargne
  • Obtenir une rémunération plus attractive que celle offerte par le Livret A par exemple (si respect des principes de bases de l’investissement)