Investir dans les ETF (ou trackers) vous permet de suivre la performance d’un indice comme le CAC40, le NASDAQ ou le S&P500 en une seule fois, pour un coût d’achat et des frais bien moindres. On le sait, c’est en bourse que l’on trouve les meilleurs rendements pour son épargne sur le long terme… mais comment choisir les ETF sur lesquels investir ? Nos conseils.

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Comprendre l’investissement avant de choisir ses ETF

Les ETF (Exchange-Traded Fonds, ou fonds négocié en bourse en français) sont des fonds, appelés aussi trackers, émis par des sociétés de gestion et agréés, de plus en plus appréciés par les investisseurs. Ils permettent d’investir sur un indice géographique et/ou sectoriel en une seule fois. Un ETF regroupe ainsi une dizaine d’actions, qu’il est possible d’acquérir à partir d’une dizaine d’euros. Les ETF répliquent de nombreux types d’actions :

  • En fonction d’un indice boursier (CAC40, S&P500, NASDAQ, NIKKEI, etc.)
  • En fonction d’un secteur (pharmaceutique, technologique, énergies renouvelables, etc.)
  • En fonction d’une région du monde (L’Europe, les pays émergents les États-Unis, etc.)
  • Ou même en fonction de l’indice MSCI World, représentant les performances de la bourse du monde entier

Ces fonds indiciels cherchent donc à suivre le plus fidèlement possible l’évolution de ses actions de référence, que ce soit à la hausse ou à la baisse. Ils ne diminuent donc pas le risque lié à l’investissement en bourse, comme le rappelle l’AMF, mais le lissent en diversifiant l’investissement, ce qui est la règle d’or en Bourse. Investir dans les ETF est donc une bonne manière de se forger une stratégie long terme en bourse lorsque l’on n’a pas le temps de suivre l’actualité financière ou de se renseigner assez bien sur les entreprises pour sélectionner soi-même ses actions.

ETF et fonds collectifs : quelle différence ?

Si les ETF sont semblables aux SICAV (des OPCVM présents dans les assurances-vie notamment), mais la différence est qu’il n’y a pas de gestion humaine pour les ETF, ce qui en diminue les coûts. En effet, les frais des ETF sont plutôt faibles, de 0,30% environ, bien loin des 2% en moyenne des fonds. En plus de cela, les trackers sont bien plus liquides (on peut acheter puis vendre un ETF au cours d’une même journée, sans droit d’entrée). Enfin, il faut noter que rares sont les OPCVM à dépasser la performance des marchés : 90% des gérants de fonds actifs ne battent pas leur indice de référence sur le long terme ! En comparaison, un ETF répliquant l’indice MSCI World vous assure de capter la performance de la bourse mondiale, une bonne stratégie à long terme selon nous.

 

Il est reconnu que les performances de la bourse mondiale sont parmi les meilleures avec l’immobilier. Sur ces dix dernières années, le NASDAQ a grimpé en moyenne de +16,74% par an, le MSCI World Growth de +12,58% par an et le S&P500 de +11,39% par an. Des performances exceptionnelles qu’il est donc possible de capter via les ETF. Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre article de référence sur les ETF :

etf-tracker-guide-complet-image-principale

ETF : Guide complet pour bien investir dans les trackers

 

Pour allez plus loin, vous pouvez aussi consulter nos guides spécifiques :

Maintenant que nous savons pourquoi les ETF sont l’idéal pour une stratégie d’investissement en bourse à long terme, voici 5 conseils pour vous aider à choisir les bons ETF pour votre portefeuille.

1. Bien choisir l’indice boursier répliqué par le tracker

Un fonds indiciel est un outil qui permet de capter les performances d’un indice particulier. Le premier choix à faire est donc de sélectionner consciencieusement l’indice en question. Comme nous l’avons vu plus haut, il existe une multitude de réplications :

  • Des indices boursiers géographiques : CAC 40, Nasdaq, Nikkei, Euro Stoxx 50, DAX30, etc.
  • Des indices sectoriels : capitalisations d’entreprises des secteurs de l’énergie, de la finance, de l’industrie, de l’immobilier, etc.
  • Des indices qui répliquent d’autres actifs que les actions : matières premières, obligations d’État et d’entreprises, etc.

Au-delà du tracker, il est primordial de bien saisir la composition de l’indice répliqué . Si certains semblent évidents (le CAC 40 réplique les quarante plus grandes capitalisations françaises) d’autres le sont moins .

Par exemple MSCI, une entreprise spécialisée dans la création et la gestion d’indices, a développé le célèbre MSCI World Index censée reproduire la performance de l’économie mondiale en agrégeant 85% des plus grandes capitalisations. Sauf que les 1 600 valeurs de cet indice proviennent de 23 pays développés, dont 65% États-Unis ; les économies des pays émergents ne sont donc pas représentées. Ainsi un épargnant souhaitant investir véritablement dans l’économie mondiale pourrait par exemple combiner un ETF MSCI World avec un ETF MSCI Emerging Market.

Quels sont les meilleurs indices à suivre ?

Difficile de répondre à cette question ! En effet, les Français ont tendance à investir dans leur pays, donc uniquement sur le CAC40. Si cela est compréhensible – on connaît mieux les sociétés de chez nous ! – il est dommage de se priver des performances du reste du monde. En effet, on sait que les États-Unis et notamment les valeurs technologiques du NASDAQ surperforment largement la bourse française, surtout ces dix dernières années. Ainsi, la diversification étant le maître mot, nous vous conseillons d’investir sur la bourse mondiale et de choisir des ETF variés.

2. Choisir des ETF à frais maîtrisés

Les trackers sont réputés pour leurs faibles coûts, jusqu’à quatre fois moins élevés que ceux des fonds collectifs gérés activement comme les OPCVM.  De plus il est moins cher d’acheter un ETF qu’un panier d’actions achetées une par une : les trackers permettent d’acheter une multitude de titres en une seule fois, ce qui réduit les frais de courtage du broker, surtout si celui-ci applique des frais fixes à chaque ordre. Mathématiquement, acheter en une seule fois un ETF CAC40 reviendra moins cher que faire 40 opérations différentes avec des frais à chaque fois !

Les frais des ETF varient autour de 0,2% – 0,4% par an. Certaines peuvent aller au-delà, mais dépassent rarement les 1% par an.

Qu’est-ce qui justifie ces différences de frais ? Il existe trois raisons à cela :

  • Un ETF nécessite un minimum de suivi de la part du gérant et certains sont plus complexes que d’autres. Par exemple, il peut être difficile (voire impossible) d’investir dans toutes les actions composant un indice, si un titre est trop peu liquide ou difficilement accessible. Une solution consiste à la remplacer par une autre action fortement corrélée.
  • Certains fonds indiciels peuvent répliquer un indice sans avoir investi en direct dans les actions composants cet indice. Appelés ETF à réplication synthétique, ils utilisent pour cela un swap (échange) de performance avec d’autres acteurs. Très pratique, le swap a généralement un coût.
  • Le gérant peut prêter sur les marchés financiers des actions détenues par l’ETF contre rémunération, contribuant à réduire les frais du fonds indiciel.

Selon nous, un ETF devient cher à partir de 0,5% de frais de gestion par an. Il faut donc bien penser à comparer les frais avant d’investir.

Quels sont les ETF les moins chers ?

Traditionnellement, les ETF répliquant le cours du S&P500 sont moins chers que les autres. Ainsi, le Vanguard S&P 500 ETF (VOO) est le moins cher de tous, à 0,03 % suivi par le iShares Core S&P 500 ETF (IVV) à 0,04 %. Le plus grand et le plus connu des ETF sur le S&P 500 est le SPDR S&P 500 ETF Trust (SPY) à 0,09 %. Concernant les ETF MSCI World, bien plus diversifiés, les plus connus sont l’Amundi MSCI World, aux frais de 0,38% par an, et le Lyxor MSCI World, aux frais de 0,3% par an.

3. Vérifiez la liquidité du fonds indiciel

Les parts d’ETF sont achetées et vendues comme des actions classiques. On parle de liquidité d’un titre la capacité de cette dernière à être échangée rapidement sur un marché parce qu’il y a un grand nombre d’acheteurs et de vendeurs. Si certains actifs sont très liquides (par exemple une action du CAC 40) certains le sont beaucoup moins (par exemple une petite capitalisation peu connue). Or la liquidité est un élément important, car un investisseur doit s’assurer qu’il pourra revendre rapidement son titre et au prix du marché, par exemple en cas de krach ou s’il a un besoin de liquidité. Il est donc important de s’assurer de la liquidité du tracker que l’on souhaite investir.

Comment savoir si un ETF est liquide ou non ? Il n’existe pas d’indicateurs pour cela, mais heureusement vous pouvez l’estimer à l’aide de deux indices.

✅ Premier indice : le carnet d’ordre qui indique les meilleures positions acheteuses et vendeuses à l’instant t, donne un bon aperçu du volume échangé.

carte d'ordre ETF MSWI World Lyxor

Le carnet d’ordre de l’ETF Lyxor MSCI World dispose d’une bonne profondeur (plusieurs milliers de parts échangés régulièrement) ce qui suggère une liquidité importante 

carte d'ordre ETF AM SCMI India

L’ETF MSCI India est relativement peu liquide, ce qui se traduit par un carnet d’ordre moins profond.

✅ Deuxième indice : le niveau du spread. Rappelons que le spread est l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente d’un titre. En effet les courtiers appliquent un léger delta sur le prix d’une action pour se rémunérer : l’acheteur achète légèrement plus cher et le vendeur récupère légèrement moins que le prix de marché. Le spread est infinitésimal à l’échelle d’une transaction, mais grâce à l’effet volume il constitue une source de revenus importante pour le courtier. Les courtiers, qui sont en compétition tarifaire entre eux, réduiront le spread à un niveau minimal pour une action massivement échangée ; à l’inverse un titre peu liquide est moins rentable et les courtiers appliqueront un spread plus élevé pour rester dans leurs frais. Par conséquent, le niveau du spread est inversement proportionnel au volume des transactions : il est donc un bon indice du niveau de liquidité d’une part d’ETF.

 

ETF trackers

4. Choisir un ETF avec une bonne qualité de réplication

En théorie, le principe d’un tracker est de répliquer exactement son indice de référence, mais en pratique, il peut exister de légères différences à la hausse comme à la baisse. Par exemple l’ETF Lyxor PEA NASDAQ-100 a progressé 1,08% sur le mois de novembre 2020, alors que son indice de référence a augmenté de 1,10% soit un léger écart de 0,02%.

✅ Pour quelles raisons un ETF peut-il dévier de son indice ? Il en existe de nombreuses, en voici quelques exemples :

  • Un ETF capitalisé ne peut pas matériellement réinvestir les dividendes perçus dans toutes les actions, la société de gestion doit faire des choix. De plus, la réception cash du dividende intervient bien après le détachement du coupon, ce que l’indice ne pas toujours en compte.
  • La société de gestion peut louer des actions détenues par le fonds indiciel, ce qui procure des revenus complémentaires.
  • Il peut y avoir des distorsions liées à la retenu d’impôts locaux lorsque le tracker est investi à l’international.

Cet écart se mesure par le tracking error, qui correspond à la volatilité (mesure de l’écart à la moyenne). Cet écart peut aussi se mesurer annuellement, c’est ce que l’on appelle le tracking difference.

Nous vous conseillons de jeter un œil au tracking difference de l’ETF choisi, avant d’y investir.

5. Vérifiez la qualité de l’émetteur et le volume de l’encours du tracker

Nous vous recommandons d’investir dans des ETF gérés par des émetteurs solides ayant pignon sur rue. Les principaux sont :

  • En France : Lyxor (filiale de la Société Générale), Amundi (groupe Crédit Agricole), BNP Paribas, Ossiam (filiale de Natixis)
  • En Europe : Deutsche Bank DB-X, UBS
  • Aux États-Unis : Vanguard, iShares (filiale de Blackrock)

Le volume de l’encours est également un élément intéressant à prendre en compte, car cela lui donne un gage de stabilité. En effet un Tracker rapporte d’autant plus de revenus à sa société de gestion que le montant géré est important. Or il peut arriver qu’un ETF à faible encours se fasse clôturer faute d’être suffisamment rentable, toutes les actions du fonds sont alors revendues et les investisseurs voient leurs parts converties en cash… qu’ils soient en moins-value ou en plus value ! En plus de ce risque, cela peut générer de l’inconfort pour ceux qui se sont construit un patrimoine de long terme en investissant régulièrement dans cet ETF-là.

En résumé, nous vous conseillons d’investir dans des trakers à fort volume (a minima supérieur à 50m€) géré par un émetteur de qualité.

Choisir un ETF : quels sont les différents types de trackers ?

En plus des cinq conseils cités plus haut, d’autres détails devront être pris en considération avant de choisir votre ETF, en fonction de votre plan de trading. En effet, il existe plusieurs types d’ETF adapté à toutes les situations : les ETF a réplication physique ou synthétique, à redistribution ou réinvestissement des dividendes, éligibles ou pas au PEA… nous vous détaillons ces subtilités. ETF effet

L’éligibilité au PEA

Les ETF éligibles au PEA sont bien moins nombreux que ceux à placer sur un compte-titres. Or, le PEA est une enveloppe très avantageuse au plan fiscal, puisqu’au bout de cinq ans de détention, les taxes ne sont plus que de 17,2% et non de 30% comme sur le compte-titres. Comme nous l’expliquons dans notre article, le PEA est un placement très intéressant, mais il est nécessaire de vérifier que les ETF que vous souhaitez y sont éligibles. Vous pouvez retrouver ici la liste des ETF pour un PEA.

Les ETF physiques ou synthétiques

L’une des caractéristiques du PEA est que l’on peut investir uniquement dans des actions européennes. Or, parmi les ETF éligibles au PEA, certains permettent de répliquer le NASDAQ ou encore le S&P500. Il s’agit d’ETF synthétiques : pour pouvoir répliquer des indices normalement inaccessibles au PEA, les gestionnaires des trackers de différentes parties du globe acceptent d’échanger les résultats de leurs actions respectives (à la hausse comme à la baisse). Ainsi, l’ETF peut répliquer l’indice souhaité, même dans le PEA, puisqu’à la base, il sera investi dans des actions européennes, même si les résultats seront échangés. c’est ce qu’on appelle le swap.

La redistribution des dividendes

C’est un détail qui peut avoir son importance selon le type d’investissement que vous souhaitez. En effet, si vous souhaitez encaisser des dividendes liquides tous les ans ou plus, vous devrez vous assurer que les ETF que vous choisissez redistribuent les dividendes. Dans le cas contraire, l’organisme les réinvestit automatiquement, ce qui se réplique sur le cours de l’ETF.

Les trackers à effet de levier

En investissant dans des ETF, on n’investit pas directement dans l’action elle-même, mais dans l’indice qu’il réplique. Cela permet donc de faire des effets, comme par exemple si l’on choisit un ETF avec effet de levier. Cela consiste à multiplier les profits potentiels… tout comme les pertes. Ainsi, lorsque l’on investit 1 000€ dans un ETF à effet de levier x2, c’est comme si l’on avait investi 2 000€. Si l’action prend 10%, les gains seront de 200€. Par contre, si elle perd 10%, ils seront de -200€. Ainsi, avec cette technique, si les gains peuvent être très alléchants, les pertes peuvent également être plus importants que l’investissement : si l’action perd 60%, celles-ci s’élèveront à 1 200€ (alors que l’investissement de départ était, pour rappel, de 1 000€). Il faut donc manier cet instrument avec prudence